L’accessibilité c’est l’affaire de tous


Sep 4th 2018 in explication

Vivant dans une ère du temps où l’Homme ne fait qu’un avec la technologie, nous disposons aujourd’hui de nombreux outils permettant d’élargir l’accessibilité aux différents produits et systèmes.

Cependant, une exclusion due à la manière dont nous nous sommes appropriés les nouvelles technologies persiste et complique l'accessibilité pour tous. Inconsciemment nous discriminons encore une partie des utilisateurs.

Une réflexion au delà de l’affordance

Lors de la phase de conception, nous avons pour mission de tenir compte des besoins des personnes en situation de handicap. Toutefois, ce n’est pas toujours simple, car l’on part souvent du principe qu’une interface est accessible à tout type d’utilisateurs du moment que celle-ci est basée sur le concept d’affordance. Il est donc important de réfléchir dès le départ aux besoins spécifiques de tous en incluant bien les personnes en situation de handicap.

Comme le souligne D. Norman, le problème du concepteur n’est pas l’interaction homme-machine en soi, mais la façon dont il se représente nos interactions avec les objets et les environnements équipés. Penser ainsi permet d’appréhender l’accessibilité de manière plus fine.

Les concepteurs et les développeurs ne doivent pas être les seuls à réfléchir à l’accessibilité, toutes les personnes travaillant sur un produit ou un système ont pour responsabilité de prendre en compte cet élément essentiel.

L'accessibilité n’est pas qu’une question de handicap

Nous aurions tendance à penser que la question de l’accessibilité concerne uniquement les utilisateurs aux besoins spécifiques, hors cela va en fait plus loin. En effet, elle a également pour rôle d’améliorer la convivialité, l’utilisabilité et la fonctionnalité d’un site Web pour l’intégralité des utilisateurs.

L’accessibilité, dans l’environnement digital, est donc la mesure dans laquelle un site Web, un produit, un système ou une application est utilisable par le plus grand nombre d’utilisateurs (tous besoins confondus).

L’alphabet des problèmes d’accessibilité

Anne Gibson, UX designer, a mis au point en 2014 un alphabet des problèmes d’accessibilité, chaque lettre étant la première lettre du prénom d’une personne ayant un type de handicap.

Par exemple “G a été diagnostiqué avec la dyslexie à un âge précoce. En raison de son traitement précoce et continu, la plupart des gens ne savent pas combien de temps il lui faut pour lire. Il préfère les livres à Internet, car les livres tendent à avoir un meilleur texte avec un meilleur espacement pour la lecture”.

Mesurer l’accessibilité

Il existe différents moyens d’appliquer l’accessibilité via des normes de l’organisme W3C permettant aux individus de pouvoir communiquer efficacement à travers le web. La charte WCAG est actuellement la référence dans la mesure de l’efficacité d’un site en matière d’accessibilité.

L’importance de la sensibilisation

Il est également important de sensibiliser les individus à cette question d’accessibilité. Antistatique a récemment co-organisé dans ses locaux plusieurs Meetups sur le sujet (Frontend Romandie Meetup sur les WAI-RIA et IxDA Lausanne traitant d’autres points de vue sur l’accessibilité ). Ce type de conférence est un bon moyen de sensibiliser à la nécessité d’intégrer l’accessibilité dans la conception et d’informer de l’existence de guides et certifications permettant de rendre son site Web, application, etc. accessible à tous les utilisateurs.

L’accessibilité chez Antistatique

La question de l’accessibilité est très importante chez Antistatique, nous l’intégrons dans notre conception de différentes manières. Par exemple, nous menons des tests avec des personnes malvoyantes, nous créons des personas afin de réfléchir aux besoins spécifiques de chaque utilisateur et nous utilisons un tableau de contraste des couleurs dès la phase de design et dans notre outil de développement frontend styleguide.

Conclusion

En conclusion, il est essentiel de faire de l’accessibilité une priorité dès le début d’un projet. Cela le rend plus efficace, moins coûteux et surtout plus centré sur l’humain.